Le choc académique : quand le code devient permanent
Le choc académique survient quand vos devoirs universitaires — des morceaux de code indépendants — cèdent la place au code intégré, bref quand il faut comprendre comment passer des devoirs aux solutions logicielles. En effet, à l’université, vous criez isolément. Désormais, en tant que nouvel employé, votre code doit interagir avec l’existant sans perturber son fonctionnement. Ainsi, certaines entreprises proposent des tests unitaires JUnit pour vérifier que votre nouveau code n’a pas affecté le reste du logiciel.
Autrement dit, une fois le devoir rendu à l’université, il n’était plus jamais consulté ni exécuté, ce qui pose très concrètement la question de savoir comment passer des devoirs aux solutions logicielles. Pourtant, dans une entreprise informatique, le code source est examiné quotidiennement pendant des années, jusqu’à la fin de vie du logiciel. De plus, le logiciel basé sur ce code source fera l’objet de plusieurs versions dans différents environnements de test avant son déploiement final en production. Une fois en production, les utilisateurs finaux l’utiliseront quotidiennement jusqu’à ce que l’organisation décide de ne plus le soutenir ou qu’il arrive en fin de vie.
Une responsabilité nouvelle envers les autres
Votre code restera dans la base de code pendant des années. Inutile de le complexifier inutilement, car vous devrez probablement y revenir plus tard pour le modifier. D’autres développeurs pourraient avoir à le consulter longtemps après votre passage à un autre projet, au sein ou non de la même organisation.
Ce choc académique crée une pression différente. En effet, vous n’êtes plus seul face à votre tâche. Vos choix affectent réellement d’autres personnes. Or, des collègues dépendent de votre code. Des utilisateurs comptent sur votre travail quotidiennement.
Ce que personne ne m’a dit
À l’université, vous pouviez « passer à autre chose ». En revanche, en entreprise, vous ne pouvez pas. C’est pourquoi ce devoir auquel vous avez donné 50 % d’effort existe toujours. Dans un an, vous le relirez peut-être. Dans trois ans, quelqu’un d’autre le modifiera. Par conséquent, cette réalité transforme votre approche. Vous ralentissez et vous réfléchissez davantage. De plus, réutiliser votre propre code devient impératif. Vous commentez pour les autres.
J’aurais aimé qu’on me prépare au choc académique que je vivrais. Qu’on me dise : en réalité, votre code n’est pas un exercice noté. C’est un artefact durable. Il raconte votre histoire professionnelle. Ainsi, votre code reflète votre respect pour les autres. Il montre votre réflexion sur les cas limites. Il révèle, finalement, votre honnêteté intellectuelle.
Embrasser le choc académique
La bonne nouvelle ? Cette pression n’est pas paralysante si vous la recontextualisez. Au contraire, elle devient une invitation à créer quelque chose dont vous serez fier. Ainsi, vous commencez à contribuer réellement. Vous commencez aussi à être une personne sur qui on peut compter. Finalement, cette transition est difficile, mais elle est aussi libératrice, parce qu’enfin, votre travail compte vraiment.

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